Mais si : on le voit reproduit sur les tee-shirts Agnès b, dans les gazettes branchées, même sur les boîtes d'allumettes !
On le voit dans la galerie d'art, des revues entières lui sont consacrés, des boutiques spécialisées vendent le matériel pour en réaliser...
A-t-on jamais autant fait la promotion d'un délit?
Ernest Pignon-Ernest, c'est de l'art. Basquiat, c'est de l'art. La mosaïque merdique sur le mur du lycée, c'est de l'art ? Les trois bouts de ferraille torsadés au milieu du rond-point, c'est de l'art (subventionné par l'argent de la décentralisation) ? On doit pas avoir les mêmes notions d'art.
Le graff, c'est un délit.
Un délit puni d'une amende pouvant atteindre 75 000 euros et de cinq ans de prison.
De quoi foutre à la baille...
Depuis quelques mois, la répression s'intensifie.
C'est que cette délinquance est visible, elle est même faite pour être vue, c'est dans sa nature. Pas de chance.
De plus, ses auteurs sont non violents, faciles à attraper.
Un tagueur, ça court moins vite qu'un dealer, ça ne frappe pas comme un braqueur.
Ce n'est plus de la chasse aux délinquants, c'est du braconnage.
Pourtant, peindre certains murs, ce n'est pas le dégrader, mais plutôt les faire monter en grade...
A Rome, sur une des lignes de métro, circulent des trains entièrement graffés, en couleur. Il faut dire que dans ce coin-là, on n'a jamais eu peur de la peinture...
Ici le graffiti est vécu comme un symbole d'insécurité. Le signe tangible du passage d'un sur notre territoire. (C'est le cas des tags, signatures vite posées, sans couleurs, faites plus pour que pour embellir). Ne pourrait-on pas voir dans le graff - création élaborée, avec ses techniques et ses styles, une tentative positive d'appropriation de l'espace urbain.
Qui faut-il poursuivre et condamner ? Ceux-qui, maladroitement, illégalement c'est vrai, veulent poser de la couleur sur les murs, ou les urbanistes, promoteurs et architectes qui nous ont pondu des barres de 4 000 logements en rase campagne, des entrées de ville qui font mal aux yeux de laideur ... Enfin, sa reste mon avis ...
Que salit-on en peignant un mur antibruit au bord de l'autoroute ?
Faut-il que la peur sociale soit installée pour que l'on voie dans un signe en couleurs un danger !
